Du reportage à la photographie artistique, du documentaire à la conservation du patrimoine photographique malien… John Kalapo nourrit ses expériences par une approche plurielle et absolument ouverte.
L’humain, qu’il soit visible ou non, est au centre de ses interrogations et de son art.
Son approche est sociologique, engagée, et il s’attache à rendre ses clichés accessibles à toutes les couches de la société.
“Dans sa série « empreinte de mes rêves », le photographe se démarque de la culture de l’esthétique en dévoilant sans artifices des conditions de vie assez communes et franchement indigentes de sa société, à travers la prise de vue de chambres.
A l’indigence matérielle s’oppose la prolifération des traces de sentiments et d’états d’âme laissés sur les couches, au petit matin. Au delà des réalités crues de vétusté, désordre ou saleté, John Kalapo nous exhorte à considérer les chambres et les lits comme les décharges des poids du conscient.
La démarche inconsciente est donc permise, là où l’on ne s’accorde pas l’épanchement des malheurs ni même l’introspection. Elle ouvre au décloisonnement de l’esprit. En cela au moins nous sommes égaux ; le rêve appartient à tous. Les lits deviennent les témoins des humeurs corporelles et psychologiques des occupants qui les défont. La subtilité et le tour de maître de l’artiste sont d’avoir capturé l’image d’un inconscient ainsi rendu visible.”