Le Dormeur du val est un sonnet en alexandrins d'Arthur Rimbaud. Ce poème est le deuxième poème du second Cahier de Douai (ou Recueil Demeny). Le manuscrit autographe, daté d'octobre 1870, est conservé à la British Library. Il n'existe pas d'autre manuscrit connu. Les premières publications se sont trouvées dans : Anthologie des poètes français (tome IV, Lemerre, 1888), Reliquaire (Genonceaux, 1891) et Poésies complètes (Vanier, 1895).
Le Dormeur du val est un des poèmes les plus connus du poète, bien qu'il présente une esthétique encore peu innovante : utilisation du sonnet, de l'alexandrin, de rimes régulières. On est de fait encore loin de la modernité d'Une saison en enfer ou des Illuminations, dernières œuvres du poète, ou même de l'audace des images du Bateau ivre, composé seulement un an plus tard. Le Dormeur du val n'en demeure pas moins un poème très abouti, montrant une grande maîtrise des règles de versification (en particulier un usage très expressif du rejet) — ce qui est en soi remarquable de la part d'un auteur âgé de 16 ans à peine —, et puissamment évocateur par le contraste entre la douceur du cadre et la chute glaçante qui révèle le contexte macabre.